Filière éolienne

Les parcs éoliens poursuivent leur développement à travers la France. Pour optimiser leur productivité et économiser plusieurs dizaines de milliers d’euros, ils se dotent de multiples innovations : prévisions météorologiques en temps réel, détection rapide des anomalies, capacité d’adaptation élevée au moindre changement de vent...

Multiples innovations pour gagner en mégawatt

Produire le maximum de courant dans un délai limité et à un coût minime est le défi permanent de la filière éolienne. En effet, à l’inverse des énergies classiques, le fonctionnement de l’éolien repose entièrement du vent, impossible à contrôler. Le dispositif doit donc être pleinement opérationnel pour profiter de tout moment où les conditions sont réunies.

Dans cet objectif, les start-ups sont nombreuses à développer des innovations très utiles pour les développeurs et exploitants de parcs. Celles-ci complètent l’indispensable formation dans la filière « éolien » suivie par les professionnels pour être en mesure d’exploiter pleinement les technologies modernes.

Système chauffant contre le givre

C’est le cas du laboratoire de recherche Rescoll, qui a trouvé une solution au givre qui se dépose sur les pales. En effet, un morceau de glace détaché de l’éolienne et propulsé à grande vitesse présente un énorme danger pour les hommes, et contraint à l’arrêt de la turbine. Or, non seulement l’air froid plus dense augmente la production d’électricité, mais les périodes d’indisponibilité du parc sont minimisées.

L’innovation de Rescoll consiste en des patchs chauffants peints avec une substance conductrice et associés à des électrodes fixées sur les éoliennes. Mise au point en collaboration avec l’opérateur français d’énergie verte Valorem, elle a été sélectionnée par Engie à l’issue d’un appel à projets et devrait arriver sur le marché en 2018. Elle sera particulièrement utile à des pays tels que le Canada, qui subissent 4 à 5 mois de givre par an.

Des innovations pour gagner en productivité chez EDF

La course au large a inspiré EDF EN Services pour déterminer instantanément l’orientation du vent : un penon électronique comme alternative au brin de laine traditionnel des marins. En permettant de corriger celle d’une pale en conséquence, il limite la fatigue mécanique et les coûts de maintenance qu’elle induit, et optimise la production d’électricité. Depuis 2015, il équipe une éolienne-pilote du sud de la France.

Pour simplifier et sécuriser l’inspection des éoliennes, EDF a avantageusement adopté le système de cartographie virtuelle de la société Cornis.

Les nouvelles solutions d’Engie pour « gagner quelques mégawattheures »

Engie n’est pas en reste. Il a équipé une éolienne de plusieurs dizaines de capteurs en forme de fer à cheval qui ont pour rôle de mesurer l’intensité de la pluie. Ainsi, lorsque le bruit de cette dernière parvient à couvrir celui de l’éolienne, lequel est réglementé, celle-ci peut fonctionner. Grâce à l’analyse de l’énorme masse de données transmise par ces capteurs, Engie peut continuellement améliorer sa production.

Outre son centre de Châlons-en-Champagne d’où il supervise l’ensemble de ses parcs européens, Engie a développé Darwin, une plateforme digitale pour piloter et assurer la maintenance prédictive de ses installations à travers le monde, qui y seront toutes connectées. 13 millions d’euros supplémentaires y seront consacrés dans les deux années à venir.

EDF dispose quant à lui de deux centres, français et californien, pour la gestion de ses propres parcs et ceux de tiers.